l’AUTRE
Nicole Sébile.
FEÀ et Hutt-Ji, par PEA et Butch, détail.Du 1- juin (vernissage à partir de 17h) au 30 juin 2006, Showroom Reggiani,
35, boulevard Richard-Lenoir 75011 Paris. Métro Bastille. Tél. 01 43 38 27 04.
Des univers qui se rencontrent, des générations qui dialoguent, des artistes qui travaillent ensemble, des techniques qui se mélangent, l’expérience menée par Nicole Sébille et deux graffeurs, Butch et PEA, a donné naissance à de nombreuses toiles à six mains. L’idée de cette collaboration, c’est Nicole Sébille qui l’a eue : « En novembre dernier j’étais à Shanghai quand certaines banlieues
françaises se sont embrasées. A travers le prisme des médias chinois, l’événement ressemblait à une guerre civile. J’étais troublée par autant de ruptures et, à mon retour j’ai eu envie de savoir si j’étais capable d’établir un pont entre mon univers et celui de jeunes artistes aux préoccupations, aux techniques et aux messages différents des miens. »
Elle pense alors à deux jeunes graffeurs rencontrés quelques années plus tôt sur un salon et dont elle avait apprécié le travail. Butch et PEA travaillent dans le XVIII’ arrondissement. Ce n’est pas le bout du monde, Nicole Sébille s’y rend et leur propose de travailler avec elle. Ils trouvent l’idée séduisante et embrayent sur leurs points communs ils ont appris tous les trois par eux-mêmes, à force de passion et d’exercices.
TRAVAILLER ENSEMBLE NOUS FORCE A NOUS DEPASSER
« Les tagueurs de New York nous ont servi de modèles, nous nous inspirions de leur style. On faisait avec les moyens du bord pour taguer sur les murs, mais on n’avait jamais les bonnes couleurs ! La rue nous a forgés de A à Z. C’est elle qui nous inspire, c’est elle qui nous a appris à travailler sur tous les supports. Lors de notre premier salon, les gens venaient nous voir pour nous dire qu’ils se sentaient agressés par nos toiles, or nous ne sommes ni des provocateurs ni porteurs d’une agressivité particulière. Nos toiles sont plus dans la dérision qu’engagées, expliquent Butch et PEA. La démarche de Nicole nous a tout de suite plu. On a trouvé cet échange très symbolique. Travailler ensemble nous force à nous dépasser à chercher des terrains d’entente malgré nos différences. »
Pour Nicole aussi la rencontre est féconde : « Le contact avec les garçons m’a apporté un dynamisme neuf. J’ai eu envie d’aller plus loin dans ma peinture et de sortir de mes paysages fleuris. Malgré les mises en garde de certains qui me déconseillaient cette démarche, j’ai persévéré. Pour moi, la peinture c’est avant tout aller vers les autres. »
